Génétique

 
 
 
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Notions de génétique*

Les caractères héréditaires sont contenus dans les gènes et se transmettent des parents aux enfants : le matériel génétique d’un enfant est constitué pour moitié du matériel génétique de sa mère et pour moitié de celui de son père. Tous ces gènes sont répartis en une paire de chromosomes sexuels (appelés ainsi car ils déterminent le sexe de l’enfant : les filles ont une paire XX, les garçons une paire XY) et 22 paires d’autosomes, c’est-à-dire des chromosomes non sexuels.

Les maladies génétiques sont causées par des changements dans les gènes. Les changements, appelés mutations, empêchent les gènes de fonctionner comme ils le devraient. Le gène déficient peut être hérité d’un parent atteint, d’un parent porteur (non atteint) ou bien avoir subi une mutation spontanée dans le spermatozoïde ou l’ovule des parents qui, eux, ne sont pas atteints de nanisme. C’est le caractère imprévisible de cette anomalie qui nous fait dire que tout le monde peut avoir un enfant de petite taille. Dans certaines affections comme l’achondroplasie, ces mutations spontanées sont relativement fréquentes. Dans ce cas, le nanisme n’est pas familial et un seul enfant de la famille sera probablement touché par le nanisme car cette mutation est un fait isolé et souvent unique. Par contre, il se peut que les enfants de cet individu touché héritent plus tard du gène muté. À la deuxième génération, le nanisme sera alors familial.

Modes de transmission

Si l’un des deux parents possède un gène porteur d’une mutation génétique qui cause une des formes de nanisme, il peut transmettre ce gène muté à son enfant. Dans la grande majorité des cas, le nanisme est la conséquence de la déficience d'un gène se trouvant sur un autosome (hérédité autosomique). Le nanisme affecte alors autant les garçons que les filles.
Dans ces cas, les formes de nanisme se divisent principalement en deux modes de transmission :

  • Hérédité autosomique dominante : la présence d'une seule version mutée du gène en cause est suffisante pour que la maladie s'exprime (achondroplasie, pseudo-achondroplasie. dysplasie spondylo-épiphysaire, dysplasie de Kniest, etc.).
  • Hérédité autosomique récessive : la présence de deux gènes « anormaux » est indispensable pour que la maladie s'exprime (dysplasie diastrophique, syndrome de Morquio, syndrome de Seckel...). Ainsi, certaines personnes peuvent être porteuses d’un gène muté sans être atteintes par la maladie.

Toutefois, il arrive que le gène responsable du nanisme se trouve sur un chromosome sexuel. On parle alors d’hérédité liée à l'X.

Enfin, dans d’autres cas comme pour le syndrome de Turner, aucun des gènes présents n’est déficient mais c’est le nombre de chromosomes présents qui constitue l’anomalie.

Hérédité autosomique dominante

Prenons l’exemple d’un couple fictif de parents dont le père a, par exemple, l’achondroplasie tandis que la mère ne l’a pas (l’inverse est également vrai) : les enfants ont 50% de probabilités de recevoir le gène de l'achondroplasie et de développer la maladie. Lorsqu'un enfant est épargné, il n'a aucun risque de transmettre le gène déficient puisqu'il ne l'a pas dans son bagage génétique.

 

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Dans certaines formes de nanisme comme l’achondroplasie, lorsque les deux parents sont atteints d’une même maladie transmise par hérédité dominante, chaque enfant a 25% de probabilités de ne pas survivre à cause du gène doublement pathologique, 25% de chances d'être épargné et 50% de possibilité de développer la maladie. Fort heureusement, la non-viabilité due à la double présence du gène déficient ne se produit pas dans toutes les formes de nanisme dominantes.

 

 

Hérédité autosomique récessive

Dans le cas de ce couple, chaque enfant a 50% de probabilités de porter le gène déficient mais sans manifester aucun symptôme, puisque le « bon » gène domine dans la paire.

 

 

 

 

 

Si les deux parents sont porteurs du gène déficient, les enfants ont 25% de risques d'être atteints par la maladie causant le nanisme car ils auront reçu les deux gènes déficients nécessaires à la manifestation de la pathologie. Chaque enfant aura 50% de chances d'être porteur sain du gène déficient et 25% de chances de ne pas recevoir le gène pathologique.

 

 

 

Si un des deux parents a deux gènes mutés, il est atteint. Si l’autre parent n’a pas le gène déficient, chaque enfant sera porteur d’un gène muté mais ne développera pas la maladie.

 

 

 

 

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Si l’un des deux parents est porteur d'un gène déficient tandis que l’autre a développé la maladie, les enfants auront 50% de probabilités d'être atteints et 50% d'être porteurs du gène déficient sans manifestation de la maladie.

 

 

 

 

 

Si les deux parents sont atteints, tous leurs enfants ont 100% de probabilités d'être atteints.

 

 

 

 

 

 

Hérédité liée à l'X

Parfois, l’anomalie génétique ne provient pas d’un autosome mais se situe au niveau d’un chromosome sexuel. On parle alors d’hérédité liée à l’X. Dans ces rares cas comme pour la dysplasie spondyloépiphysaire tardive, les filles sont porteuses du gène déficient mais ne sont pas atteintes alors que la maladie ne s’exprime généralement que chez les garçons.

Autre cas

Une cause importante de nanisme est le syndrome de Turner, qui affecte presque exclusivement les femmes. Les personnes atteintes possèdent 45 chromosomes au lieu de 46, c'est-à-dire 22 paires d'autosomes normaux et un seul chromosome X (au lieu d'une paire de chromosomes sexuels XX). Une telle perte du matériel génétique qui survient au cours des premières divisions cellulaires suivant la fécondation est accidentelle. Pour un couple ayant eu une fille avec le syndrome de Turner, il est donc rare que cela se reproduise lors d’une autre grossesse. Notons également que les femmes atteintes ne transmettent pas cette anomalie chromosomique car elles sont généralement infertiles.

En résumé

Type de nanisme

Mode de transmission génétique

Achondroplasie

Autosomique dominant

Pseudo-achondroplasie

Autosomique dominant ou récessif

Dysplasie spondylo-épiphysaire

Autosomique dominant ou récessif ;
rares cas, lié à l'X

Syndrome (ou dysplasie) de Kniest

Autosomique dominant

Dysplasie diastrophique

Autosomique récessif

Ostéogenèse imparfaite

Varié

Syndrome de Morquio

Autosomique récessif

Hypopituitarisme (nanisme hypophysaire)

Autosomique dominant ou récessif

Syndrome de Seckel

Autosomique récessif

Syndrome de Turner
Anomalie chromosomique

À la lumière de ces explications, on comprend alors l'importance d'étudier, lorsque possible, le patrimoine génétique de chacun des partenaires afin d’évaluer les probabilités que leurs enfants soient atteints d'un trouble de croissance.

*Informations extraites et adaptées du livre Le nanisme : Se faire une place au soleil dans un monde de grands de Nathalie Boëls paru aux Éditions du CHU Ste-Justine en 2008.

Merci à Gail Ouellette du Portail québécois des maladies génétiques orphelines.

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